Guillaume H. – PloufAndCool
Aujourd’hui, je viens de passer mon CAMABC. Loin d’être un point final à mon parcours à la Chaîne d’Amitié pour la Sécurité et l’Information des Motards de l’Essonne (CASIM 91), cet examen représente plutôt l’aboutissement de 4 années d’apprentissage, de progression et de rencontres. J’ai envie de revenir sur ce chemin parcouru afin de témoigner de l’accompagnement dont j’ai bénéficié et de tout ce que la CASIM 91 m’a apporté depuis mes débuts à moto.
Fraîchement titulaire du permis A2 en avril 2021, je prends rapidement conscience des dangers de la pratique de la moto, d’autant plus en région parisienne et avec très peu d’expérience. Je recueille d’abord quelques conseils auprès d’un ami de longue date, motard depuis plusieurs années, mais je ressens vite le besoin d’aller plus loin. Je me mets alors à la recherche de stages ou de formations de perfectionnement. Après de longues recherches, je découvre la CASIM 91 et je prends contact avec l’association en novembre 2021. Malheureusement, les effectifs sont déjà complets pour la saison en cours. Il me faut donc patienter jusqu’à la rentrée de septembre 2022 pour rejoindre la CASIM 91.
Depuis cette date, je franchis progressivement les différentes étapes du cursus. J’obtiens mon Visa 1 dès la première année, puis le Visa 2 à l’issue de ma deuxième année, sous une météo déjà particulièrement pluvieuse. J’intègre ensuite le cursus Aide-Moniteur avant de me présenter cette année au Certificat d’Aptitude de Moniteur-Animateur Bénévole de la CASIM. Cet investissement n’a qu’un seul objectif : pouvoir à mon tour transmettre les conseils et les bonnes pratiques dont je bénéficie depuis mon arrivée à la CASIM.
Assez parlé du parcours, revenons au déroulement du CAMABC lui-même. Ce qu’il faut avoir à l’esprit, c’est qu’il s’agit d’un véritable investissement tout au long de l’année. Là où les Visas et le cursus Aide-Moniteur me semblent relativement accessibles avec le recul, le CAMABC demande un travail personnel bien plus important. Préparation des fiches, entraînements, révisions, mises en situation… tout cela nécessite du temps et de l’implication. À ce titre, je tiens à remercier tout particulièrement Sylvain, qui m’a accompagné tout au long de cette année, bien au-delà de ce que j’aurais pu imaginer.
Le jour de l’examen arrive finalement. J’ai la chance d’avoir pu poser quelques jours de congé afin de peaufiner les derniers préparatifs : matériel, fiches, équipement… tout en gardant un œil inquiet sur la météo, qui décide de ne pas être de la partie. Et en effet, si le ciel est déjà bien sombre au réveil, la pluie s’invite dès les premiers kilomètres. Heureusement, une accalmie nous accompagne pendant une grande partie des épreuves.
Le programme de la journée est chargé : QCM, maniabilité (sans moteur, à allure lente et normale) et pédagogie (pratique et théorique).
Le premier tirage au sort concerne les parcours de maniabilité. Ouf, il s’agit de ceux que je maîtrise le « moins mal ». La poussette, qui doit être une simple formalité, ne se déroule pas aussi facilement que prévu en raison d’une hésitation dans le parcours. La maniabilité lente nécessite deux essais : un premier un peu laborieux, avec un piquet déplacé et un pied au sol, puis un second sans difficulté. Reste l’épreuve que je redoute le plus : la maniabilité à allure normale. Je m’élance sur une piste encore bien humide, ce qui me vaut quelques glissades. Pas de chute, pas de cône touché, mais un dépassement du temps autorisé de 0,5 seconde. Lors de la seconde tentative, je choisis d’adopter un rythme plus prudent. Résultat : un cône touché lors de l’évitement… mais cette fois, le chrono est validé. L’essentiel est assuré.
Place ensuite à la pédagogie pratique. Nouveau tirage au sort : encore la maniabilité à allure normale. Mon cobaye du jour, Frédéric, se présente au guidon d’une imposante BMW K1600 et totalise plusieurs dizaines d’années d’expérience à moto. Sa principale motivation pour venir à la CASIM ? Améliorer sa maniabilité lente… On y va quand même… Après avoir évoqué l’effet gyroscopique et le contre-braquage, le véritable déclic vient en travaillant sur sa position sur la moto. À la fin de l’exercice, il est satisfait… et moi aussi.
Reste la pédagogie théorique, ultime épreuve de la journée. Deux sujets sont cette fois-ci tiré au sort (parmi 6) : le comportement en cas d’accident et la mécanique. Ayant ouïe dire que les 2 autres candidats précédents avaient traité le CECA, je choisis la mécanique, probablement le domaine dans lequel je me sens le moins à l’aise. Mais grâce au travail réalisé avec mon mentor, j’aborde cette épreuve avec confiance. Le groupe se compose de deux jeunes femmes aussi peu familières que moi avec le sujet et, à ma grande surprise, d’un mécanicien. Une véritable bénédiction ! Je les invite à participer activement, à poser des questions et à partager leurs connaissances. La séance se révèle particulièrement interactive et, manifestement, cette stratégie porte ses fruits.
Après cette journée intense, largement arrosée, j’ai l’immense bonheur d’apprendre que je suis reçu, et avec la satisfaction supplémentaire d’être major de promotion. Une grande fierté, bien sûr, mais surtout le sentiment de pouvoir désormais transmettre à mon tour tout ce que la CASIM 91 m’apporte.
Je tiens à adresser un immense merci à toutes les petites mains qui ont contribué au bon déroulement de cette journée, aux cobayes formidables qui ont joué le jeu à fond, à ma famille, à mes amis, à mes collègues de travail et de CASIM pour leur soutien, et bien entendu à Sylvain pour son accompagnement, ses conseils avisés, son attention et son sens de l’andragogie.
L’obtention du CAMABC n’est pas une finalité. C’est au contraire le début d’une nouvelle aventure, celle de la transmission. J’espère être à la hauteur de tout ce que l’on m’a enseigné et pouvoir, à mon tour, aider d’autres motards à progresser, à gagner en confiance et à pratiquer leur passion avec toujours plus de sécurité.